Par Nathalie Leroy, diététicienne nutritionniste à Corbeil-Essonnes (91)
Publié en septembre 2026
Bien manger commence aussi par comprendre ce que l’on achète. Face à la multitude de produits disponibles dans les supermarchés, il n’est pas toujours simple de distinguer les aliments les plus intéressants pour notre santé. C’est pour répondre à cette difficulté que le Nutri-Score a été développé : un étiquetage nutritionnel simple et visuel, destiné à aider les consommateurs à mieux comparer les produits alimentaires.
Pourtant, malgré son adoption par de nombreuses marques et le soutien de professionnels de santé, le Nutri-Score reste facultatif en France. Pourquoi cet outil fait-il encore débat ? Comment l’utiliser correctement ? Et surtout, en quoi peut-il nous aider à mieux manger au quotidien ?
Qu’est-ce que le Nutri-Score et comment fonctionne-t-il ?
Apparu en France en 2017, le Nutri-Score est un système d’information nutritionnelle placé sur la face avant des emballages alimentaires.
Il classe les produits sur une échelle de cinq lettres associées à cinq couleurs :
- A (vert foncé) : qualité nutritionnelle la plus favorable.
- B (vert clair) : qualité nutritionnelle favorable.
- C (jaune) : qualité nutritionnelle intermédiaire.
- D (orange) : qualité nutritionnelle moins favorable.
- E (orange foncé) : qualité nutritionnelle la moins favorable.
Le calcul repose sur la composition des aliments pour 100 g ou 100 ml.
Il tient notamment compte de certains éléments à limiter, comme les sucres, le sel, les graisses saturées et la valeur énergétique, ainsi que d’éléments à favoriser, comme les fibres, les protéines, les fruits et les légumes.
L’objectif n’est pas de qualifier un aliment de « bon » ou de « mauvais », mais de permettre aux consommateurs de comparer rapidement la qualité nutritionnelle de produits similaires.
Le Nutri-Score est un outil d’aide au choix, pas un jugement sur notre alimentation.
Pourquoi le Nutri-Score est-il important pour la santé publique ?
L’alimentation joue un rôle majeur dans la prévention de nombreuses maladies chroniques : obésité, diabète de type 2, maladies cardiovasculaires et certains cancers. Nos habitudes alimentaires se construisent notamment à travers les produits que nous achetons et consommons régulièrement. Or, décrypter les tableaux nutritionnels peut être compliqué. Entre les sucres, les matières grasses, les fibres et les différentes portions indiquées, les informations sont parfois difficiles à interpréter.
Le Nutri-Score apporte une première lecture, accessible en quelques secondes.
Il peut aider à :
- Comparer plusieurs produits d’une même catégorie.
- Repérer des alternatives contenant moins de sucre, de sel ou de graisses saturées.
- Privilégier des aliments présentant une meilleure qualité nutritionnelle.
- Prendre progressivement conscience de la composition de certains produits du quotidien.
Son intérêt est également collectif : en rendant la qualité nutritionnelle plus visible, il peut encourager les fabricants à améliorer la composition de leurs produits.
Que disent les études scientifiques ?
Le Nutri-Score fait l’objet de nombreux travaux de recherche.
Certaines études expérimentales et observations en magasin montrent qu’il peut améliorer les choix alimentaires et la qualité nutritionnelle des achats. D’autres recherches soulignent toutefois que les effets mesurés en conditions réelles restent parfois modestes et qu’ils ne se traduisent pas systématiquement par des changements durables des comportements.
Les résultats sont donc encourageants, mais ne permettent pas d’affirmer que la présence du Nutri-Score suffit, à elle seule, à prévenir les maladies chroniques.
Pour améliorer durablement la santé, l’information nutritionnelle doit s’accompagner d’une véritable éducation alimentaire.
Un Nutri-Score qui évolue avec les connaissances scientifiques
Depuis mars 2025, un nouveau mode de calcul du Nutri-Score est progressivement appliqué en France. Cette évolution vise à mieux prendre en compte les connaissances scientifiques actuelles et les recommandations nutritionnelles.
Parmi les principaux changements :
- Les produits riches en sucres et en sel sont évalués plus sévèrement.
- Les aliments complets, riches en fibres, sont mieux différenciés des produits raffinés.
- Les poissons gras et certaines huiles riches en graisses insaturées sont mieux pris en compte.
- Les édulcorants entrent désormais dans le calcul du score des boissons.
Selon Santé publique France, environ 30 à 40 % des produits pourraient voir leur classement évoluer. Les entreprises engagées disposent d’une période de transition pour adapter leurs emballages.
Cette révision rappelle que les recommandations alimentaires évoluent et doivent s’appuyer sur les connaissances scientifiques les plus récentes.
Pourquoi le Nutri-Score n’est-il toujours pas obligatoire ?
C’est l’une des principales questions soulevées par le Pr Serge Hercberg, professeur émérite de nutrition à l’Université Sorbonne Paris Nord et l’un des scientifiques à l’origine du dispositif.
Le Nutri-Score est recommandé par les autorités sanitaires françaises, mais son affichage reste fondé sur le volontariat des fabricants.
En janvier 2026, plus de 1 500 entreprises et marques utilisaient le Nutri-Score, représentant plus de 60 % du marché alimentaire français en volume de ventes. Malgré cette adoption importante, tous les produits ne présentent donc pas la même information nutritionnelle.
Entre intérêt des consommateurs et enjeux économiques
La généralisation du Nutri-Score soulève plusieurs questions.
Les professionnels de santé et les associations qui soutiennent son affichage obligatoire mettent en avant le droit des consommateurs à une information nutritionnelle accessible et comparable.
Certains fabricants contestent le système de notation, ses conséquences sur la présentation de leurs produits ou les contraintes qu’impliquerait un affichage généralisé.
La réglementation européenne constitue également un élément important du débat : les règles actuelles encadrent l’étiquetage nutritionnel et les informations complémentaires figurant sur les emballages.
Pour les défenseurs d’un affichage obligatoire, une meilleure transparence permettrait aux consommateurs de comparer davantage de produits. Pour d’autres acteurs, les limites de l’indicateur et les conséquences réglementaires ou économiques doivent être prises en compte.
Au-delà de ce débat, une question demeure essentielle : comment donner à chacun les moyens de mieux comprendre son alimentation et de faire des choix favorables à sa santé ?
Le Nutri-Score a-t-il des limites ?
Oui, et il est important de les connaître pour éviter les mauvaises interprétations.
Un produit noté A n’est pas forcément à consommer sans limite
Le Nutri-Score évalue la qualité nutritionnelle d’un produit selon une méthode définie. Il ne détermine pas les quantités adaptées à chaque personne ni l’équilibre de l’ensemble de son alimentation.
De même, un produit noté D ou E n’est pas nécessairement à exclure : tout dépend de sa fréquence de consommation, des portions et du contexte alimentaire.
Il ne prend pas en compte tous les aspects de l’alimentation
Le Nutri-Score ne permet pas, à lui seul, d’évaluer le degré de transformation des aliments ou la présence d’additifs. Il ne renseigne pas non plus sur les préférences individuelles, les allergies ou les besoins nutritionnels spécifiques. Un aliment bien classé peut être ultra-transformé. Il reste donc utile de regarder la liste des ingrédients.
Il ne remplace pas les conseils personnalisés
Deux personnes peuvent avoir des besoins alimentaires très différents. Une personne atteinte de diabète, de maladie rénale ou de troubles digestifs ne peut pas toujours se fier uniquement à la lettre affichée sur un emballage. L’alimentation doit rester adaptée à son état de santé, à ses traitements et à ses besoins.
Comment utiliser le Nutri-Score intelligemment au quotidien ?
Voici quelques exemples simples.
Au petit-déjeuner : vous hésitez entre plusieurs céréales ? Le Nutri-Score peut vous aider à repérer celles dont la composition nutritionnelle est plus favorable, notamment en matière de sucres et de fibres.
Pour choisir un plat préparé : comparez les notes de produits similaires afin d’identifier une option moins riche en sel ou en graisses saturées.
Au rayon des produits laitiers : utilisez le Nutri-Score pour comparer des produits consommés à la même occasion, sans oublier la liste des ingrédients et vos besoins particuliers.
Pour les produits bruts : fruits, légumes, légumineuses et autres aliments peu transformés constituent des éléments essentiels d’une alimentation variée, même lorsqu’ils ne portent pas de Nutri-Score.
L’idée n’est pas de remplir son panier uniquement de produits classés A ou B, mais de faire des choix éclairés tout en conservant le plaisir et la diversité alimentaire.
Le rôle de la diététicienne : apprendre à manger au-delà des étiquettes
Le Nutri-Score constitue un repère pratique. Mais savoir équilibrer son alimentation demande davantage que de lire une lettre sur un emballage.
L’accompagnement diététique permet notamment d’apprendre à :
- Comprendre la composition des aliments.
- Décrypter les étiquettes nutritionnelles et les listes d’ingrédients.
- Adapter les quantités à ses besoins et à ses sensations.
- Composer des repas variés, équilibrés et satisfaisants.
- Tenir compte de ses goûts, de sa culture alimentaire et de son budget.
- Gagner en autonomie sans culpabilisation ni restrictions inutiles.
Le rôle d’une diététicienne n’est pas de vous imposer une alimentation parfaite, mais de vous aider à trouver un équilibre qui vous correspond.
En conclusion : mieux informer, c’est aussi mieux prévenir
Le Nutri-Score représente une avancée dans l’information nutritionnelle des consommateurs. Il rend la comparaison des produits plus accessible et contribue à sensibiliser le public à la qualité des aliments.
Son caractère facultatif continue de susciter un débat entre scientifiques, pouvoirs publics, industriels et associations.
Mais quelle que soit l’évolution de la réglementation, une chose reste essentielle : mieux manger ne consiste pas seulement à choisir une lettre sur un emballage. C’est comprendre son alimentation, ses besoins et apprendre à prendre soin de sa santé durablement.
Le Nutri-Score peut nous guider. L’éducation nutritionnelle nous aide à devenir autonomes.
Vous souhaitez apprendre à mieux choisir vos aliments et équilibrer vos repas ? Contactez Nathalie Leroy pour un accompagnement diététique personnalisé.
Nathalie Leroy vous accompagne à Corbeil-Essonnes
Diététicienne-nutritionniste diplômée d’État, Nathalie Leroy propose un accompagnement personnalisé fondé sur l’écoute, la pédagogie et le plaisir de manger.
Au cabinet ou en téléconsultation, elle vous aide à mieux comprendre vos besoins nutritionnels et à développer des habitudes alimentaires adaptées à votre quotidien.
Que vous souhaitiez améliorer votre équilibre alimentaire, prévenir certaines maladies ou adapter votre alimentation à une pathologie, l’objectif est de progresser à votre rythme.
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Sources et références
Cet article a été rédigé à partir du synopsis de conférence du Pr Serge Hercberg, « Santé publique et alimentation : les défis de la décision politique autour du Nutri-Score », et de sources scientifiques et institutionnelles complémentaires.
- Santé publique France — Dossier officiel Nutri-Score : fonctionnement, gouvernance scientifique et évolution du dispositif.
- INRAE — Nutri-Score : tout comprendre de A à E ! : principe de calcul, efficacité, données sur son adoption et enjeux réglementaires.
- Santé publique France — Évaluation de la campagne Nutri-Score 2025 : présentation des évolutions du calcul et de leur communication.
- Santé publique France — Nutri-Score et prix des produits : données sur la diffusion du logo et les relations entre qualité nutritionnelle et prix.
- Manger Bouger — Réduire les aliments gras, sucrés, salés et ultra-transformés : recommandations pratiques pour les consommateurs.
- Muzzioli et collaborateurs, 2025 — Revue systématique sur l’efficacité du Nutri-Score : analyse critique des effets observés sur les choix alimentaires et les comportements.
- Sorbonne Université — Conférence de Serge Hercberg sur le Nutri-Score et les lobbys : réflexion complémentaire sur les enjeux scientifiques, économiques et politiques du dispositif.
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